vendredi 29 juillet 2011

LUTTE CONTRE L’EXCLUSION ET LA PAUVRETE
L’Acapes, tend la perche aux laissés pour compte
La récupération, la formation des jeunes issus de familles démunis, et exclus du système scolaire formel pour insuffisance de moyens, de résultats, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sont les axes majeurs de L’association culturelle d’aide à la promotion éducative et sociale.

Les renvois massifs à l’Université, dans les collèges et lycées suite aux événements de mai 68, ont poussé une association d’enseignants volontaires à créer en 1972 l’Association Culturelle d’Aide à la Promotion des Jeunes Déshérités du Sénégal (ACAP/JDS) pour aider les élèves venant du monde rural et assez démunis, bref les cas sociaux. Ces victimes de la première crise grave de l’école sénégalaise ont bénéficié de l’encadrement pédagogique d’enseignants et professeurs gratuitement au Centre Bopp, ex LEBRET.
La promotion d’un système éducatif, tout au long de la vie au profit des démunis, l’insertion durable dans le secteur productif, la lutte contre la pauvreté, mais aussi la participation active à la vie socio-économique des éléments marginalisés du système sont les objectifs que l’Association s’est fixée.
Si l’accroissement de l’effectif scolaire de l’établissement peut s’expliquer par ses résultats, la qualité des enseignements, force est de reconnaitre aussi que les prix sociaux pratiqués en sont pour beaucoup. En effet les élèves de la 6e à la 3e paient 45.000frs, et ceux de la 2nde à la Terminale 55.000frs par an. Ils bénéficient même d’une exonération de 50%. Il y en a mêmes qui paient moins de 20.000frs par an. «Nous faisons une éducation et formation sociale presque gratuite au profit des démunis, et exclus du système scolaire formel», soutient M. Seydou Ndiaye, chargé des projets et programmes, avant de renchérir que «nos enseignants font du bénévolat, car on ne leur donne qu’une somme forfaitaire à la fin du mois».
Dans le souci d’apporter une réponse pour faire face au malaise social, notamment chez les jeunes garçons et filles dont les parents sont licenciés de leur travail, et démunis, les animateurs de l’ACAP/JDS vont élargir, et approfondir leurs champs d’action, dès le début des années 80, en créant une structure plus ouverte, l’Association Culturelle d’Aide à la Promotion Educative et Sociale (ACAPES). «L’Association récupère non seulement des jeunes exclus du système d’enseignement formel, mais aussi lutte contre la délinquance juvénile, la drogue et l’alcool», poursuit M. Ndiaye. Ce qui n’était qu’un simple cadre d’acquisition et de transmission des connaissances par le biais de l’encadrement pédagogique des jeunes en difficulté scolaire, l’ACAPES s’investit désormais dans le développement communautaire des familles d’origine ou d’adoption desdits élèves à travers une cohérence stratégique. «ACAPES appuie et accompagne depuis 1983 des femmes organisées autour de structures associatives de base tels que les GIE, les Groupements de Promotion Féminine, dans leurs efforts de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale», confesse M. Ndiaye.
A cet effet l’Association a crée une mutuelle d’épargne et de crédit (MEC) au sein de l’école à l’unité18 des parcelles assainies, permettant aux adhérentes de bénéficier de prêt, après un épargne substantiel de 30000frs. «Le prêt se fait sur la base d’un projet», explique Ramatoulaye Wague, présidente du comité de crédit.
La formation, en tant que levier d’insertion socioprofessionnelle, permet de lutter contre la pauvreté. Et l’ACAPES l’inscrit de manière structurante dans sa démarche intégrative pour relever les défis de l’Education et de la formation. C’est pourquoi l’Association a crée au sein de l’école un centre de formation professionnelle en couture, modélisme, stylisme et en restauration. A ce niveau aussi, des prix sociaux sont pratiqués. «Les élèves paient 3500 ou 5000frs le mois, contrairement aux autres écoles ou on peut payer quatre fois plus», précise M. Ndiaye.
Des bénéficiaires du système de l’ACAPES, on peut en rencontrer partout. Ablaye Seye, ex-directeur de la Radio Sénégal International, Moussa Cissokho ancien conseiller de Amadou Toumani Touré, et Secrétaire Générale de l’Ong Mali Enjeux, Demba Diouf commissaire de police et actuel président de la commission sécurité de la fédération sénégalaise de football, Mame Birame Diouf, footballeur en équipe nationale, Awa Thiaw, journaliste à Sud fm et enfin, l’artiste rappeur Fata.
Boubacar SADIO

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